UTMB : « Le Mont Blanc, se surpasser et repousser ses limites »

L’édition 2018 de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB) débute ce vendredi 31 août. Les meilleurs traileurs du monde parcourront une boucle de 171 km autour du Mont Blanc, grimperont plus de 10 000 mètres de dénivelé et courront à la fois en France, en Suisse et en Italie. Kris Clerckx, journaliste touristique et blogueur belge, a participé à l’édition 2017. Interview.

Comment avez-vous décidé de vous mettre au trail ?

J'ai toujours beaucoup couru et fait beaucoup d'autres sports. Je me suis mis à parcourir des distances de plus en plus longues et il y a quelques années, je suis parti en République dominicaine pour une course de cinq jours. C’était une expérience fantastique qui m'a donné envie de plus.

L’année dernière, vous avez participé à l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, que certains considèrent comme l’ultra-trail le plus dur au monde. Comment vous y êtes-vous préparé ?

L’UTMB est en effet considéré comme le Saint Graal du trail, car les meilleurs coureurs s’y retrouvent. Vous ne pouvez évidemment pas y participer sans entraînement. Je me suis moi-même construit une condition physique de base depuis des années. Pour l’UTMB, vous devez également vous qualifier. Vous devez courir d’autres courses pour prouver que vous en êtes capable. Il y a un an, j’ai couru le « 100 Miles Sud de France ». Un parcours de 165 km, soit à peu près la même distance que l’UTMB et avec un dénivelé pratiquement identique. Le temps était ensoleillé et la course s’est très bien passée pour moi. Je me suis alors dit : « C’est bon, tu peux le faire. »

Chaque année, seuls 2300 coureurs peuvent prendre le départ. Était-il difficile de vous qualifier ?

Pendant les deux années précédant la compétition, vous devez obtenir 15 points en trois courses maximum. Pour une course de 60 km par exemple, vous recevez un point. Mais vous ne pouvez pas courir 15 fois ce type de trail pour obtenir vos points. Il faut faire preuve de suffisamment d’expérience dans les trois courses. Et si vous avez suffisamment de points, vous n’avez plus qu’à croiser les doigts pour faire partie des vainqueurs lors du tirage au sort. L’UTMB gagne en popularité, c’est donc le sort qui décide.

Comment s’est passé le départ à Chamonix ?

Le départ, c’était un peu comme le Tour de France ! La foule était dense et tout le monde nous encourageait. On a eu droit à une ambiance folie sur plusieurs kilomètres d’affilée ! Chamonix est le symbole de l’univers du trail, c’est donc génial de partir de là. Mais c’était vraiment un jour particulier. Tellement de spectateurs et tant d’enthousiasme : ce départ a quelque chose d’unique. J’ai également eu quelques frayeurs au départ car la météo était vraiment mauvaise jusque quelques heures avant le départ. Il a même fallu adapter le parcours ! À ce moment, vous vous dites :

« mon Dieu, je vais devoir courir et lutter pendant 170 km par ce temps ? »

Et comment s’est déroulé le reste de la course ?

La météo a été un facteur décisif. C'était parfois très difficile. J’ai couru sous la neige et sous la pluie. C’est dans ces moments qu'on se demande ce qu'on fait là. Mais quelques heures plus tard, j’étais dans un autre état d’esprit. Le dernier jour, par exemple, le temps était magnifique et je devais descendre vers Chamonix. J’y ai pris énormément de plaisir. Sans oublier le soutien massif du public sur les derniers kilomètres. C'était vraiment une expérience fantastique.

Quel est votre meilleur souvenir de la course ?

Le dernier jour était vraiment top. Surtout avec l’arrivée, quand on atteint l’objectif. Pour moi, le matin est l’un des moments les plus merveilleux. Après une longue nuit, le lever du soleil vous revigore et vous profitez d’une magnifique vue sur les montagnes. Pour l’UTMB, vous partez le vendredi à 18h. La nuit tombe vite et j’ai dû courir avec une météo exécrable. Le lever du soleil m’a remotivé. Je me trouvais déjà au cœur des montagnes à ce moment-là, j’avais donc droit à un superbe cadre.

Vous avez tout de même un peu dormi ?

J'ai essayé deux fois, mais sans succès. Il y a toujours beaucoup de coureurs près des postes de ravitaillement et zones de repos, et donc beaucoup de bruit. À cause du mauvais temps, les matelas au sol étaient mouillés. On n’a vraiment pas envie de se coucher dans ces conditions, on préfère donc continuer.

Comment décririez-vous l’UTMB en 3 mots ?

Le Mont Blanc, se surpasser et repousser ses limites. Le Mont Blanc, cela va de soi, car toute la course lui tourne autour. Participer à l’UTMB signifie aussi se surpasser. C'est un sentiment incroyable de participer à l’événement incontournable du monde du trail et d'arriver dans les temps impartis. Et puis, forcément, vous repoussez vos limites. C'est un véritable défi. Pour moi, le résultat n'était pas le plus important. Je voulais surtout courir autour du Mont Blanc, repousser mes limites.

Vous auriez envie d’y participer à nouveau ?

Absolument, mais en espérant que la météo soit au beau fixe ! Il y a d’autres courses que je voudrais vraiment faire. Je compte donc commencer par ça et revenir à Chamonix dans quelques années.

À part l’UTMB, vous avez aussi participé à d’autres ultra-trails en France. Quel est votre préféré ?

Le « 100 Miles Sud de France » à l’est des Pyrénées françaises est vraiment magnifique. Vous prenez le départ dans les montagnes et terminez sur la plage. Leur slogan est « Entre Pyrénées et Méditerranée ». Les Vosges, plus proches de chez moi, valent aussi la peine. De la Belgique, nous pouvons nous y rendre rapidement.

Quels endroits d’entraînement en France recommanderiez-vous à d’autres traileurs ?

En France, le trail a énormément de succès, c’est « tendance ». Logique, car les paysages et les parcours s’y prêtent parfaitement. La région de Chamonix est à couper le souffle. De plus, elle propose une série de trails balisés. C’est pratique quand on part en vacances. On peut y rester une semaine et choisir un trajet différent chaque jour. Le site web (Lien externe) vous donne un bel aperçu de tous les parcours de trail en France.


Vous pourrez lire le compte-rendu complet de son parcours héroïque sur son blog (Lien externe)