Tour de France des nouveaux lieux incontournables

Soif de culture ? Partout en France, de nouveaux musées, centres d’art et autres lieux hybrides se préparent à recevoir leurs premiers visiteurs. Voyager dans l’épopée du livre et de l’image aux Dominicains de Colmar, plonger dans le bouillonnement de la création contemporaine à Luma Arles au cœur de la Provence, explorer la Gaule antique au NarboVia à Narbonne ou s’offrir une promenade impressionniste aux Franciscaines de Deauville et à l’Abbaye de Fontevraud… On vous dévoile les nouveaux lieux culturels les plus emblématiques du moment, à découvrir dès que le contexte sanitaire s’y prête !

Luma Arles : une fabrique des arts du 21e siècle

Avant même son ouverture prévue le 26 juin, Luma Arles est déjà iconique. Et pour cause ! En plein cœur d’Arles l’antique, ce campus créatif de 11 hectares imaginé par la fondation Luma dans un esprit éco-responsable s’organise autour d’une audacieuse pièce maîtresse : une tour de 56 mètres de haut constellée de 11 000 m2 de panneaux métalliques ! Des lignes, une brillance et des matières qui évoquent l’ancrage local, entre tableaux de Van Gogh, rochers des Alpilles et arènes romaines. Signée par le prestigieux architecte Franck O. Ghery, la tour Luma abrite des espaces d’exposition pour des évènements d’envergure, des salles d’archives et de séminaires, une bibliothèque, un café-restaurant et une terrasse avec vues époustouflantes sur la ville classée par l’Unesco, la Camargue ou les Alpilles. Six anciens bâtiments industriels ont été transformés en espaces pour des résidences d’artistes, des installations et des expositions. Certains avaient déjà ouvert au public pour Les Rencontres de la Photographie dont la prochaine édition est prévue du 4 juillet au 26 septembre 2021.

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Les Franciscaines Deauville : éloge de la connaissance

Orphelinat, hôpital, école ménagère… Après trois ans de travaux, le couvent des Franciscaines de Deauville se réinvente en lieu culturel hybride, à la fois musée, médiathèque et salle de spectacles. Un changement de vocation ? Pas tout à fait ! Ouvert sur tous les arts et tous les publics, le site reste fidèle à sa mission de lieu d’accueil et de transmission des savoirs. Un "lieu de vie" résume l’architecte Alain Moatti qui a réaménagé ses 6000 m2 pour une "mise en commun de la connaissance" au gré de parcours à construire soi-même. Le cloître coiffé d’une verrière devient salle de lecture, espace de rencontres et foyer de théâtre, la chapelle un auditorium, et les galeries déroulent des "rubans de la connaissance", livres, numérique et œuvres d’art autour de cinq univers liés à Deauville. Côté musée, quatre espaces se partagent les expositions: le musée André Hambourg et sa collection de 4000 œuvres, la galerie des Maîtres avec des œuvres d’exception, la galerie photographique et la Cour des expositions (temporaires), conçue comme une réplique du cloître.

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NarboVia à Narbonne : les débuts de la Gaule antique

Visiter la première colonie romaine fondée en Gaule ? A Narbonne, le nouveau musée Narbo Via fait renaître le passé de cette capitale antique fondée en 118 avant J-C dont il ne restait quasiment aucune trace visible. Au bord du canal de la Robine, le bâtiment dessiné par le cabinet d’architectes Foster + Partners rassemble sur 3200 m2 de surface d’expositions, plus de 7000 pièces provenant de fouilles archéologiques. Le point d’orgue : un mur lapidaire de 760 blocs de pierre issus de nécropoles romaines que vous pourrez faire parler ! Un système automatique de stockage permet aux visiteurs de les manipuler afin de connaître leur histoire. Derrière, les salles d’exposition autour d’un atrium font revivre la vie de la cité romaine avec notamment des restitutions en trois dimensions des monuments de la ville et du port. On pourra y admirer un ensemble exceptionnel de mosaïques et de fresques récupérées dans les vestiges des maisons du Clos de la Lombarde, quartier de notables à l’époque de la Narbonne antique.

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Musée d’Art moderne de l’Abbaye de Fontevraud : dans l’œil d’un collectionneur

Vous ne connaissez pas encore l’Abbaye de Fontevraud, la plus vaste cité monastique du Moyen Age classée par l’Unesco ? Avec l’ouverture de son musée d’Art Moderne, voilà une raison de plus pour prévoir une visite de ce lieu unique aux portes de Saumur. Dans un bâtiment du 18e siècle abritant autrefois les écuries, trois étages ont été aménagés sur plus de 1700 m2 pour exposer la collection exceptionnelle issue de la donation Léon & Martine Clingman. Plus de 900 œuvres s’y confrontent: une centaine de peintures des 19e et 20e siècles signées Toulouse-Lautrec, Chaïm Soutine ou Bernard Buffet, des sculptures, dont un ensemble remarquable de 14 œuvres de Germaine Richier, près de 300 dessins originaux et des objets antiques et extra-européens, mésopotamiens, africains, égyptiens… Tout un univers de formes dont la muséographie épurée dévoile correspondances et dialogues comme dans un musée imaginaire né de l’œil d’un collectionneur.

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La Villa du Temps retrouvé à Cabourg : retour à la Belle Epoque

Et si l’on partait se promener du côté de chez Swan comme dans le roman de Marcel Proust ? A Cabourg, son lieu de villégiature estival de 1907 à 1914, (la "Balbec" de ses romans), la toute nouvelle Villa du Temps retrouvé fait revivre 150 ans après sa naissance, l’écrivain et ses personnages, et, au-delà, toute l’atmosphère de la Belle Epoque. Dès l’entrée dans la villa entièrement restaurée dans son aspect d’origine, une véritable machine à remonter le temps plonge les visiteurs dans l’ambiance de l’âge d’or de la Côte Fleurie. Par la magie d’un parcours immersif, avec effets visuels, sonores, et même olfactifs, quelque 350 objets - meubles, tableaux de maîtres, costumes, films ou photographies- invitent à explorer ce temps suspendu entre deux siècles. Un temps qui a vu émerger une génération d’artistes phares, Claude Monet, Eugène Boudin, Auguste Rodin ou Claude Debussy. En parallèle de cette plongée dans la bonne société proustienne, le parcours temporaire jette un éclairage inédit sur la culture populaire de l’époque comme le montre la toute première exposition, "Fantômas et le miroir de la Belle Epoque" jusqu’au 11 novembre 2021.

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MOBE à Orléans : la biodiversité dans tous ses états

Ne l’appelez plus Museum, son nom est désormais le MOBE, pour Museum d’Orléans pour la Biodiversité et l’Environnement ! Un nouveau patronyme qui en dit long sur les ambitions de ce nouveau lieu entièrement transformé afin de présenter les grands enjeux en matière de préservation de la biodiversité et de l’environnement. Derrière la façade maillée d’une serre bioclimatique rassemblant plantes, essences et végétaux du bassin de la Loire, les salles présenteront sur 3000 m2 une partie de ses riches collections : 435 000 spécimens sont conservés dans les réserves ! Parmi les pièces rares exposées selon une muséographie innovante, un fossile d’ichtyosaure, poisson-reptile de 180 millions d’années, "la dame de Monteloup", une sépulture néolithique double d’une femme et son enfant, ou encore un squelette de dodo, mystérieux oiseau endémique de l’Ile Maurice disparu un siècle après l’arrivée des premiers colons.

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Les Dominicains de Colmar - Bibliothèque patrimoniale : l’épopée du livre depuis le Moyen Age

Manipuler des cuirs ou des parchemins qui servaient autrefois à fabriquer des livres, composer sa propre page de manuscrit enluminé, lire en images des extraits de La Description de l’Egypte, ouvrage monumental issu de la campagne de Napoléon Bonaparte… Lieu de conservation et bibliothèque, le couvent des Dominicains de Colmar se transforme en musée nouvelle génération : à l’abri de son cloître du 14e siècle, chef d’œuvre d’art gothique, ce lieu de mémoire renferme 380 000 documents, dont 1 800 manuscrits et 2 300 incunables, les tout premiers livres imprimés entre 1455 et 1500 ! On y voyagera dans l’épopée du livre artisanal depuis le Moyen Age jusqu’au 18e siècle à travers trois grandes thématiques, le "livre triomphant" du siècle des Lumières, le "livre conquérant" de la Renaissance et le "livre manuscrit monopole de l’Eglise" avec en point d’orgue une exposition des manuscrits liturgiques les plus précieux dans l’ancienne sacristie du couvent où certains avaient été copiés et décorés par les moines des lieux. L'ouverture est prévue au second semestre 2021.

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Paris : les métamorphoses d’une ville Lumière inspirée par les arts

En 2021, Paris réendosse ses habits de lumière : au terme d’un cycle de métamorphoses, la capitale se prépare à inaugurer une série de lieux culturels majeurs. Au cœur du quartier des Halles, la Bourse de Commerce entame une nouvelle vie en musée d’Art contemporain avec 6 800 m2 d’espaces publics pour présenter au gré de 15 expos annuelles plus de 10 000 œuvres, - peintures, sculptures, vidéos, photographies ou installations - de la collection François Pinault. Place de la Concorde, l’Hôtel de la Marine, ex garde-meubles de la Couronne, s’apprête à dévoiler sa nouvelle livrée de palais du siècle des Lumières : on pourra s’y frotter à l’effervescence des arts décoratifs français au 18e siècle entre salons d’apparat, cabinet doré et appartements de l’intendant. Et dans le Marais, le musée Carnavalet, rare témoignage d’architecture Renaissance à Paris, rouvre après quatre ans de travaux, avec une nouvelle muséographie valorisant ses collections riches de plus de 600 000 œuvres. Plusieurs parcours sont proposés dont un à hauteur d’enfant pour un éblouissant voyage à Paris de la Préhistoire au 21e siècle.