Quand l’art de la rue investit un ancien bâtiment à Vannes

Un couloir de Dédale investi par l'artiste nantais Wide, alias Edwin Donnart.
Le long du port de Vannes en Bretagne, un ancien bâtiment administratif de 150 bureaux transformé en lieu de création et d’exposition : le projet s’appelle Dédale. Immersion dans ce labyrinthe d’art éphémère, avant sa destruction totale l’an prochain.
Labyrinthe de bureaux

3 000 m² et 150 pièces répartis sur 4 niveaux, c’est l’espace laissé vacant depuis le départ des services de la Direction départementale de l’équipement (DDE). Un cadre idéal pour laisser libre cours au talent d’artistes locaux, nationaux et internationaux.

Labyrinthe de bureaux

3 000 m² et 150 pièces répartis sur 4 niveaux, c’est l’espace laissé vacant depuis le départ des services de la Direction départementale de l’équipement (DDE). Un cadre idéal pour laisser libre cours au talent d’artistes locaux, nationaux et internationaux.

Regards féminins

Installé à Redon en Bretagne, l’artiste Jef vient très régulièrement à Vannes peindre sur les murs de friches alentours. Il a marqué les murs de Dédale de visages aux traits réalistes et aux regards insistants pour inviter les visiteurs à pénétrer dans son univers. Sa prédilection ? Les portraits féminins aux couleurs explosives.

L'envol des pigeons

Steve et Dorota Coy, du duo Hygienic Dress League (HDL), ont installé des pigeons dans une pimpante chambre rose. Ces volatiles blancs que l’on a tendance à vouloir chasser des villes, reprennent ici le pouvoir. Ce sont les visiteurs qui rasent les murs pour les observer. Créés en aluminium à partir d’images en trois dimensions, ces pigeons sont bagués et numérotés.

Monochrome

Prêt pour aller en boite de nuit le jour ? L’artiste Soem s’est amusé en mêlant bleu saturé et lumière bleue à recréer l’ambiance d’une discothèque. Une inspiration qu’il a puisée dans les codes des premiers graffeurs et dans l’art contemporain des années 60. Né à Concarneau et désormais installé à Nantes, Soem est un adepte du monochrome.

Au sommet

L’artiste breton Heol a investi durant trois jours le toit de Dédale pour y peindre une immense langouste avec pour pinces de véritables outils, clé à molettes ou écrou à visser. "J’ai voulu un animal marin qui rappelle le bord de mer, pour Vannes, et un animal orange pour le côté travaux en raccord avec la DDE”, raconte-t-il. À l’extrémité du toit, un calamar géant s’apprête à dévorer la langouste car "il y a toujours plus gros prédateur que soi". Heol a l’habitude des grands formats : depuis 20 ans il habille des murs, des immeubles, des salles de sport, des châteaux d’eau en Bretagne et ailleurs.

Au sommet

L’artiste breton Heol a investi durant trois jours le toit de Dédale pour y peindre une immense langouste avec pour pinces de véritables outils, clé à molettes ou écrou à visser. "J’ai voulu un animal marin qui rappelle le bord de mer, pour Vannes, et un animal orange pour le côté travaux en raccord avec la DDE”, raconte-t-il. À l’extrémité du toit, un calamar géant s’apprête à dévorer la langouste car "il y a toujours plus gros prédateur que soi". Heol a l’habitude des grands formats : depuis 20 ans il habille des murs, des immeubles, des salles de sport, des châteaux d’eau en Bretagne et ailleurs.

Bulle de poésie

Peindre à la bière, à l’huile de lin ou à la chaux, des techniques ancestrales et un savoir-faire rare que l’artiste Stéphanie Ferandez tient de sa formation à l’Ecole d’Avignon. Il lui permet de magnifier l’architecture de toute époque. À Dédale, elle a choisi un lieu de passage pour peindre son "Immersion féminine". Des fleurs, de l’eau, des poissons, autant de symboles qui invitent à la douceur et contrastent avec le côté généralement masculin du street art.

Du sol au plafond

Celle qui s’est entraînée sur des murs autorisés avant de goûter au plaisir des murs moins accessibles a trouvé un terrain de jeu particulièrement savoureux à Dédale, dans sa ville d’origine. Ici, Lazuli s’emploie à nous faire perdre nos repères. "Ma volonté c’est qu’on ne se rende plus compte d’où se situent le sol et le plafond. Je veux casser le carré de la pièce", explique la jeune artiste. Mission réussie.

Du sol au plafond

Celle qui s’est entraînée sur des murs autorisés avant de goûter au plaisir des murs moins accessibles a trouvé un terrain de jeu particulièrement savoureux à Dédale, dans sa ville d’origine. Ici, Lazuli s’emploie à nous faire perdre nos repères. "Ma volonté c’est qu’on ne se rende plus compte d’où se situent le sol et le plafond. Je veux casser le carré de la pièce", explique la jeune artiste. Mission réussie.

Les anciens bureaux de la DDE où s’est installé Dédale se situent au bord de l’eau, sur la rive gauche du port de Vannes, dans le Morbihan en Bretagne. L’association "L’Art Prend La Rue" à l’origine du projet a également créé un café culturel dont la terrasse permet de profiter de la vue sur le port avant de découvrir les œuvres des artistes. Des œuvres éphémères puisque la démolition de la friche est d’ores et déjà programmée en 2020 pour laisser place à un nouveau projet urbain, promettant de métamorphoser la rive gauche de la ville. Deux bonnes raisons de programmer un voyage à Vannes !