Autour du Louvre-Lens : Un bijou derrière les mines

Nord de la France, sur un territoire à cheval sur deux départements, au Sud de Lille, qui couvre les villes de Béthune, Lens, Arras, Douai et Valenciennes. Des villes qui ont en commun un passé minier fort, après 270 ans d’exploitation minière. Trente ans après, les vestiges de cette exploitation ont fait place à un assemblage de musées, d’expositions, d’événements et de salles de spectacles qui valent le détour, abrités par des paysages inattendus sillonnés de gîtes rétro-design.

De France comme d’ailleurs, 3,2 millions de visiteurs se pressent désormais chaque année là-bas. Autour du Louvre-Lens, c’est une région qui a exploité son ADN pour en faire un bijou qui plaira tant aux amateurs d’histoire, de culture que de biodiversité.

D’impressionnants musées

Au cœur de ce territoire nordique, il y a avant tout un musée. À Lens, l’immense paquebot de verre et d’aluminium qui fait office de bâtiment est un écrin brillant de modernité, sans pour autant abandonner le cachet authentique d’autrefois entre les murs. Là, une aile abrite les collections parisiennes du Louvre, tandis que la deuxième sert de refuge de choix à des expositions temporaires.

Dès ce 25 septembre, le musée mettra à l’honneur la Pologne, ce pays avec lequel le territoire connaît des liens très forts. Plus de 200.000 Polonais ont traversé l’Europe pour travailler dans les mines du Nord après la Première Guerre Mondiale. En guise de commémoration, cent ans après la signature de la convention entre les deux pays, le Louvre-Lens propose une large rétrospective consacrée à la peinture polonaise du XIXe siècle, en collaboration étroite avec le musée national de Varsovie. A découvrir jusqu’au 20 janvier 2020.

Pour en savoir plus : https://www.louvrelens.fr/exhibition/pologne/ (Lien externe)

Non loin de là se trouve le musée des Beaux-Arts d’Arras. Jusqu’au 11 novembre prochain, une exposition sur le Traité de Versailles y prend ses aises. Une expérience unique, puisqu’il s’agira du seul événement commémoratif officiel autour de la signature qui a mis fin à la Première Guerre Mondiale.

Pour en savoir plus : https://www.versaillesarras.com/exposition-le-traite-de-versailles (Lien externe)

Une salle de spectacle immanquable

Autour du Louvre-Lens abrite également une salle de spectacle unique en son genre. A Oignies, le symbolique site 9-9bis, qui a vu la dernière berline de charbon remonter il y a près de 30 ans est devenu, outre un site patrimonial d’exception, un haut-lieu musical. La raison ? L’existence du Métaphone©, un instrument de musique géant au cœur même des parois du bâtiment. Vous avez bien compris : le 9-9bis émet et diffuse des sons en même temps. Un concept avant-gardiste qui mérite qu’on s’y arrête !

Un passé rehaussé

Impossible de parcourir la région du Louvre-Lens sans se confronter à l’omniprésente mémoire des mines. Afin de s’en imprégner au mieux, difficile d’éviter un passage par le 11/19 à Loos-en-Gohelle, la fosse Delloye à Lewarde (siège du plus grand musée de la mine en France), la fosse Arenberg – théâtre du Germinal de Claude Berri ou encore par la cité des électriciens à Bruay-la-Buissière. Des sites classés patrimoine de l’UNESCO, et entièrement rénovés afin de préserver la quintessence de l’imposant cachet historique des lieux.

Des paysages uniques en leur genre

Certes, il n’y a pas de montagne entre Béthune et Valenciennes… Par contre, il y a plus de 200 terrils qui, en plus d’abriter des espèces aussi multiples que variées, font le bonheur des randonneurs. Juchés au sommet des 186 mètres des terrils jumeaux du 11/19 à Loos-en-Gohelle, vous peinerez à reprendre votre respiration tant la vue est à couper le souffle.

Les alentours abritent encore 21 chevalements, mais aussi des cathédrales de métal ou de béton armé, véritables totems de l’ère du charbon. Et si Lens, Arras et Béthune ont particulièrement souffert pendant la Première Guerre Mondiale, elles ont, depuis, été entièrement reconstruites façon Art déco. De véritables bijoux de modernité qui valent le détour. Il ne faudrait pas oublier d’évoquer le beffroi de Douai, aux allures du château de la Belle au bois dormant, celui d’Arras, élu monument préféré des Français en 2015, et le plus discret mais non moins charmant beffroi de Béthune, qui magnifie la Grand-Place de la ville.

Des événements à ne pas rater

En promenade comme en visite, le territoire du Louvre-Lens vibre toute l’année au rythme de célébrations particulières comme les Fêtes de la Sainte-Barbe, Sainte Patronne des mineures, en décembre prochain.

Le programme est d’une richesse rare. Cinq jours de festivités, du 3 au 8 décembre, entre messe, procession, briquet, performances artistiques, parade festive et surtout le spectacle Pyromènes, qui se déroulera dans les villes de Lens, Loos-en-Gohelle et Liévin. Leurs déambulations chorégraphiées flamboyantes détendront les corps et réchaufferont les âmes jusqu’au point d’orgue de leur prestation, la cérémonie de l’embrasement à la base 11/19 à Loos-en-Gohelle. Un événement immanquable dont le programme détaillé est à découvrir : https://fetesdebarbara.com/ (Lien externe)

Reste à vous parler de la plus grande nécropole militaire en France à Notre-Dame-de-Lorette. Des saveurs polonaises qu’on trouve facilement çà et là à côté d’une bonne carbonnade frites et d’une bière artisanale. De Monsieur Gayant, le géant douaisien âgé de près de 500 ans. Puis des souvenirs et produits made in Bassin minier. Mais pourquoi en dire trop, alors qu’il vous suffit d’y aller…

Louvre-Lens