« Scientifiction, Blake et Mortimer » au Musée des Arts et Métiers de Paris

Extrait de l'affiche du dernier album Blake et Mortimer "Le dernier Pharaon"

Suite à la sortie de l’album Blake et Mortimer "Le Dernier Pharaon", l’univers du merveilleux scientifique de l’auteur Bruxellois Edgar P. Jacobs s’expose au Musée des Arts et Métiers de Paris. Pour la première fois, plus de 120 planches originales verront le jour jusqu’au 5 janvier 2020. Lumière sur cette exceptionnelle rétrospective et ce coup de crayon résolument contemporain.

Le Musée consacré à l’art des inventions englobe tout le génie de Jacobs

"Jacobs essayait de dessiner son époque, de saisir tous les éléments de la modernité. Des personnages comme Blake et Mortimer sont des grands voyageurs. Des personnages dans leur temps." François Schuiten, dessinateur belge à l’origine du dernier Hors-Série "Le Dernier Pharaon". Tirée de l’interview Thalys "Bruxelles – Paris, 1h22 de créativité.

Une scénographie de papier et de la science au premier plan

Derrière un parcours orchestré sous le signe du feu, de l’eau, de l’air et de la terre (quatre éléments très présents dans les histoires de Blake et Mortimer), tout n’est que dialogue entre science et fiction. La fascination de l’auteur pour la chimie, la physique, la biologie, la minéralogie et la radioactivité est d’ailleurs omniprésente dans chacune des salles.

Entre lumière, jeu d’échelle et illusion, la soixantaine de planches originales rythment avant tout la rétrospective. Le visiteur est comme immergé dans un "opéra" de papier. Sûrement un clin d’œil à son passé de chanteur lyrique, en début de carrière.

Objets personnels, archives et perfectionnisme

Dédiée à un large public, l’exposition "Scientifiction, Blake et Mortimer (Lien externe) " du Musée des Arts et Métiers (Lien externe) multiplie les médias et les exemples visuels. Grâce notamment aux prêts de la Fondation Roi Baudouin (Lien externe) , des planches ancrées, calques d’études et colorées, des bleus de coloriage et des crayonnages originaux se dévoilent. La reproduction du célèbre Espadon, fameux avion supersonique issu de son premier album « Le secret de l’Espadon », fait partie des perles (presque) grandeur nature à découvrir sur place.

Dans une ambiance plus laboratoire, des témoignages plus personnels et introspectifs nourrissent sa casquette d’observateur. Des photos de terrain, des magazines spécialisés, des films, des documentaires ou encore une maquette du robot-samouraï des " Trois formules du Professeur Sato " plongent le visiteur dans les coulisses de ses créations.

Les sources d’inspirations d’un homme cultivé

Plus qu’un brillant dessinateur belge et un passionné d’art lyrique (sa carrière de baryton l’a influencé dans beaucoup de Blake et Mortimer), Jacobs touche aussi au dessin publicitaire dans ses plus jeunes années. C’est ce que révèle l’exposition du Musée en dévoilant plusieurs affiches, dont une assez vintage, vantant les mérites de la cigarette Luxor.

Côté inspirations, le jeu d’ombres et de lumières de Jacobs est immédiatement reconnaissable. Ici, on apprend justement que le cinéma expressionniste allemand des années 20 et, plus largement, le courant artistique figuratif ont déteint sur son travail. Le maître belge se disait d’ailleurs très impressionné par ce mouvement. Tout comme la fameuse ligne claire, technique de crayon initiée par son ami Hergé (auteur des aventures de Tintin). Toutefois, cette dernière se détache du travail de Jacobs pour sa clarté absolue et sa grande stylisation.

Résumé du dernier album Hors-Série Blake et Mortimer, Le Dernier Pharaon :
"Ses cauchemars commencent le jour où il étudie d'étranges radiations qui s'échappent du Palais de Justice de Bruxelles : un puissant champ magnétique provoque des aurores boréales, des pannes dans les circuits électroniques et d'épouvantables hallucinations chez ceux qui y sont exposés."

Paris