La Maison Imagerie d’Épinal, merveille d’artisanat vosgienne

On dit bien « sage comme une image », mais connaît-on l’origine de cette expression ? Au cœur des Vosges, se niche le temple de l’illustration populaire. Entre tradition et modernité, la Maison Imagerie d’Épinal, aujourd’hui atelier et musée, édite des petits trésors illustrés depuis 1796. Gravures, pochoirs, images anciennes, estampes, tirages d’art, décor mural : tout y est. Et tout est beau.

Cet extraordinaire cabinet de curiosités illustrées est sûrement l’une des plus grandes fiertés d’Épinal. Créée fin du 18e siècle par Jean-Charles Pellerin, marchand cartier-dominotier, l’Imagerie est très vite reconnue mondialement pour son savoir-faire artisanal et industriel d’excellence. À la fois éditrice, imprimerie, librairie, agence de publicité, créatrice de jeux pour enfants, celle-ci se colporte avec ferveur au fil des générations. Même la photographie n’aura pas suffi à lui ôter son petit charme. Car l’image – aussi kitsch (parfois) soit-elle – demeure une attachante attention que l’on offre ou que l’on garde bien volontiers chez soi.

En 2014, c’est au tour de deux entrepreneurs originaires des Vosges de valoriser son patrimoine. Mais, cette fois-ci à la sauce 21e. L’objectif ? Profiter des pépites existantes pour y proposer de nouvelles créations design et multiplier les partenariats avec des talents contemporains. Unique en son genre, la Maison Imagerie d’Epinal (Lien externe) est d’ailleurs la dernière en activité sur la planète. Raison de plus pour la stimuler !

« Illustrateurs actuels, auteurs de BD modernes (Joan Sfar, entre autres), dessinateurs de presse ou street artistes comme le célèbre M. Chat… Tous contribuent au rayonnement culturel de l’imagerie.»

Plus qu’un coup de pep’s dans les estampes, la Maison Imagerie d’Épinal se modernise aussi à l’intérieur de ses murs. Doté d’un « histopad », on déambule parmi les somptueuses machines anciennes et les techniques ancestrales. Attention, objets rares ! Côté images, un parcours interactif et participatif nous fait voyager à travers les salles et les époques pour mieux comprendre l’évolution du médium depuis 1796. On y apprend notamment quelques fondamentaux…

L’Image d’Épinal, transmission du savoir populaire

Une image ne vaut-elle pas mille mots ? C’est en tout cas le refrain en vogue jusqu’à l’aube du 20e. L’illustration ayant été longtemps utilisée comme media de masse en France et dans le vieux continent, on nous explique qu’elle est réputée pour relater – non sans propagande – le gratin des événements politiques et historiques de la société. Ici, il n’est donc pas rare de tomber sur de nombreuses planches de soldats napoléoniens, fresques de célèbres batailles grandeur nature sans oublier les traditionnelles images saintes, affichées généreusement sur les étals de la boutique.

L’Image d’Épinal, objet de divertissement

Les histoires, l’humour...: qui mieux que l’image pour les rendre accessibles à tous ? Promenez-vous parmi les allées de la maison et vous tomberez très vite sur les règles de « malséance » d’un jeune homme de 11 ans ou encore les planches version non censurée du Petit Poucet. Vous y lirez également de formidables classiques illustrés comme Les Fables de La Fontaine ou Les contes de Charles Perrault. Quant aux plus malicieux, le must reste incontestablement les fameuses devinettes d’Épinal :
– « Trouvez l’indien » ou « Trouvez grand-père et grand-mère » peut-on lire sur certaines. Dans une ambiance salle de classe, on s’attelle en famille ou entre amis à lire horizontalement ou verticalement ces drôles illusions d’optique d’un autre siècle.

« La singularité de ce lieu, c’est sa faculté créative à se réinventer tout en conjuguant amour de l’artisanat et respect de l’authenticité. »

L’Image d’Épinal, coquetterie d’intérieur

De l’édition à l’impression, en passant par les arts graphiques, les artistes s’inspirent aussi depuis quelques années des styles de production d’antan pour les appliquer à la décoration moderne. Des techniques telles que la chromolithographie (impression couleur à partir de pierres lithographiques), lithographie (support en pierre), aquatype (pochoir), dorure et enluminure ont par exemple prouvé à maintes reprises l’influence créative exercée sur ces meubles et objets du quotidien. En fin de visite, la vendeuse de la boutique nous glisse même à l’oreille que le coussin imprimé, le set de table et la décoration murale panoramique ne connaissent pas la crise. Mention spéciale pour le décor mural extra large « Jardin d’hiver (Lien externe) », imaginé d’après un décor de théâtre du 19e siècle de l’Imagerie d’Epinal. À la fois extravagant et charmant.

Et pour les passionnés d’art manuel, il faut évidemment jeter un oeil dans le grand atelier historique. Avec un peu de chance, vous y croiserez les artisans au travail, pourrez happer l’ambiance studieuse et admirer les dessins fraîchement imprimés. Notez également que la Maison Imagerie d’Epinal dispose désormais d’un showroom à Paris au 56 rue Chapon dans le quartier du Marais.


Pour en savoir plus sur la Maison Imagerie d'Epinal... (Lien externe)
Et pour s'y rendre :
42 bis quai de Dogneville
88000 EPINAL
+33 (0)3 29 34 21 87

Maison Imagerie d'Epinal