Dans les coulisses du Marché international de Rungis

Fruits, légumes, fleurs, viandes, poissons, crustacés, produits laitiers : tous les produits alimentaires et d’horticulture se trouvent à Rungis. Aussi grand que la ville de Monaco, le marché est la référence n°1 des produits frais dans le monde. Visite guidée d’une fourmilière marchande installée aux portes de Paris.

234 hectares de marché, 2.7 millions de tonnes de marchandises importées par an, 12 000 salariés et 18 millions de consommateurs au bout de la chaîne, l’abyssal marché de Rungis constitue un monde à part depuis 1969.

Erigé sous Napoléon III, celui-ci a d’abord trôné sur l’île de la cité puis a ensuite déménagé sous les verrières des anciennes halles parisiennes, véritable porte-drapeau du patrimoine gastronomique et alimentaire français. Jugé toutefois envahissant et pas toujours très hygiénique, « le ventre de Paris » comme l’appelle Emile Zola dans son livre, s’exporte à Rungis, dans le Sud de Paris.

Les bonnes affaires appartiennent à ceux qui se lèvent tôt

Aujourd’hui, le marché conjugue une France traditionnelle, de terroir avec du savoir-faire et de l’authenticité. Y pénétrer, c’est faire l’expérience de la convivialité et de l’énergie d’entreprendre.

À Rungis, trouver le bon produit au meilleur prix nécessite de se lever de bonne heure. Dès 23h, les camions entrent dans l’arène et la chorégraphie millimétrée s’établit. La nuit promet d’être longue et fastidieuse : il faut donc dégainer vite pour écouler son stock. À 2h du matin, producteurs et fournisseurs arrangent leurs étals mais chauffent aussi leur voix, nécessaire pour haranguer cette fois-ci les acheteurs. La particularité de Rungis ? Aucun prix n’est affiché sur la marchandise, tout est à négocier.

« La marée » et « les fleurs », pavillons emblématiques

Au beau milieu de ce dédale de transaction, une folle ambiance organisée règne entre les pavillons. Quand acheteurs à vélo sillonnent les mille et une allées du marché à la recherche de bons produits au juste prix, d’autres choisissent leur « quartier » à pied. Tous sont à voir mais deux font partie des incontournables : le pavillon de la marée et le pays des fleurs.

Côté marée (Lien externe), le pavillon A4 se résume à ses joyeuses exhortations commerciales. Son brouhaha ambiant couvre poissons fraichement péchés, crustacés venus des quatre coins du monde, piliers de glace par centaine et ateliers de filetage. Ici, pas de temps mort, tout le monde met la main à la patte. Les éternels best sellers ? La crevette, la saint-Jacques et le turbo.

Dans un autre décor, le secteur de l’horticulture (Lien externe) semble s’être figé dans un printemps permanent. Arpenter les allées, c’est toucher du doigt la fraîcheur, humer les parfums et capturer la couleur. Outre ses bouquets éclatants, l’espace rassemble fleurs coupées, feuillages d’accessoires, décoration, art de la table et plantes en pot. De quoi combler les plus difficiles.

Pour un diner matinal à Rungis

Une fois les bonnes affaires conclues, direction les bistros du marché pour savourer sa négoce. Parmi la longue liste, le restaurant de fruits de mer À La Marée (Lien externe) est un must. Institution depuis 1972, il n’y a qu’ici où l’on peut déguster une bourriche d’huitres à 4h du matin.

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