La nouvelle Samaritaine, temple du shopping chic à Paris

Il aura fallu 15 ans et 280 entreprises françaises de pointe pour mener à bien l’un des chantiers parisiens les plus fou ! Un projet hors normes fidèle à l’esprit pionnier du grand magasin, véritable monument parisien, qui mêle désormais architecture Art Nouveau et Art Déco, et façade futuriste en verre. De quoi justifier le slogan de ce temple du shopping et de la mode : « La Samaritaine, le Paris qu’on aime » !

La date d'ouverture de La Samaritaine est reportée jusqu'à nouvel ordre à cause de la crise sanitaire. Mais plus de 150 ans après sa création, l'édifice fera de nouveau battre le cœur de Paris à l’issue d’une rénovation haute couture menée par le groupe LVMH, le propriétaire des lieux. Tous les savoir-faire ont été sollicités pour déposer, restaurer et refaire parfois à l’identique les éléments d’un décor unique signé de grands noms de l’Art Nouveau et de l’Art Déco et classé aux Monuments historiques.

Mariage des époques

Pour le nouveau bâti, les architectes se devaient d’être aussi audacieux que leurs prédécesseurs créateurs des façades Art Nouveau emblématique de la Samaritaine depuis le XIXe siècle. Un défi relevé par l’agence Sanaa qui a accompli une véritable prouesse technique et architecturale avec la nouvelle façade contemporaine rue de Rivoli. Pas moins de 343 panneaux de verres courbés et sérigraphiés de 2,70 m sur 3,50 m composent des ondulations irrégulières dont le plissé évoque la légèreté du tombé d’un voile. Une inspiration poétique que l’on retrouve dans les jeux de reflets savamment étudiés, on y contemple le ciel, les façades haussmanniennes et avec un peu d’imagination, les jeux aquatiques de la Seine toute proche…

L’Art Nouveau retrouve ses couleurs

Avec leurs teintes vives et leur décor floral, les panneaux de lave émaillée constituaient l’un des fleurons du bâtiment Art nouveau conçu par Frantz Jourdain au tournant du XXe siècle. Déposés au prix d’un délicat travail de manutention, ils ont fait l’objet d’une restauration minutieuse destinée à raviver motifs et couleurs estompés voire masqués par des enduits. Pour reconstituer l’extraordinaire mur végétal qui habillait le bâtiment, 25 panneaux ont été refaits à l’identique : une mission menée à bien par l’émailleuse Maria Da Costa qui y a consacré toute la palette de son savoir-faire. Pour un seul panneau, compter 15 jours et quatre cuissons !

La ferronnerie réhabilitée

Sous l’immense verrière (1000 m2 !), balustrades et corbeilles séparant les étages font de nouveau danser leurs volutes ponctuées de feuilles de marronnier dorées… Conçu par Edouard Schenck dans le plus pur style Art nouveau, l’ensemble des ferronneries – plus de 600 mètres de linéaire - a été restauré par l’Atelier d’Oeuvres de Forge en Dordogne. Allonger ou raccourcir les éléments pour restituer la symétrie d’origine, fabriquer à neuf les pièces manquantes, redorer les nervures…Les compagnons serruriers et ferronniers ont effectué un véritable d’orfèvre !

Adresse d’exception

Côté Pont neuf, l’iconique bâtiment Art Déco s’apprête à accueillir la première maison urbaine de la collection Cheval Blanc. Une adresse d’exception pensée comme un écrin confidentiel avec 26 chambres et 46 suites, quatre restaurants et bars dont un gastronomique orchestré par le chef Arnaud Donckele, un Spa Dior Cheval Blanc et une piscine de 30 mètres de long… Vues théâtrales sur Paris, oeuvres d’art et mobilier sur mesure, jeux de couleurs et de matières…Entre héritage historique et esprit contemporain, la mise en scène signée Peter Marino est avant tout un éblouissant hommage à un Paris voluptueux et éternel.

Un siècle et demi de chantiers

Tout a commencé en 1870 quand Ernest Cognacq bientôt épaulé par sa femme Marie-Louise Jaÿ fonde un magasin à l’angle de la rue du Pont-Neuf et de la rue de la Monnaie. Depuis, la devise de la maison: « en progrès constants » n’a pas pris une ride ! Car au fil du temps, la « Samar » ne cesse de s’étendre grâce au rachat d’immeubles voisins et à des campagnes de travaux toujours plus colossales. Au faite de sa gloire, ce « palais de la tentation » totalise 80 000 m2 ! Au printemps 2020, c’est tout un nouveau quartier qui émergera: 70 000 m2 rénovés ou bâtis avec un grand magasin de 20 000 m2 géré par DFS, un hôtel 5 étoiles d’exception, des bureaux, des logements et une crèche.